La terre est bleue comme une orange - sept 2007

Tribune "Hélice magazine" – septembre 2007
 
 
LA TERRE EST BLEUE COMME UNE ORANGE
(Paul Eluard)
 
 
Les consciences grandissent quand la crise écologique constitue une donnée avérée et incontournable. Quand elle menace, à moyen terme, l’avenir de la planète, l’existence de l’espèce humaine et lorsque la récession qu’elle risque de provoquer touchera d’abord les plus pauvres.
 
Chacun convient que le combat doit être local et national mais aussi et surtout européen et mondial. C’est précisément le mode de production et de consommation imposé par les politiques libérales qui est en cause. Celui-ci- obéit, en effet, et le plus aveuglément qu’il soit à la loi du profit et aux logiques de financiarisations des activités.
 
Parodiant Jaurès, nous dirions que le capitalisme financier et mondialisé porte la destruction de la planète et la précarisation des êtres humains qui la peuplent comme la nuée porte l’orage.
 
Considérant que ce sont les mêmes politiques capitalistes et productivistes qui font courir d’immenses dangers à l’Humain, il faut affirmer clairement que le défi écologique s’inscrit dans le combat de la transformation sociale et de l’émancipation humaine.
 
C’est donc fondamentalement un combat de classe.
 
En organisant un Grenelle de l’environnement, N. Sarkozy et la droite montrent l’inquiétude qui est la leur face aux dangers que représente la crise écologique pour la reproduction du système, en même temps qu’ils prétendent aller au devant des préoccupations légitimes des Français.
 
Mais comment maîtriser l’énergie et définir une politique conforme à la lutte contre le réchauffement climatique quand on privatise EDF-GDF et qu’on livre la production de gaz et d’électricité à la haute finance ?
 
Comment garantir les conditions de vie et de soins de toutes les populations quand on refuse de considérer l’eau, l’énergie, la santé comme des biens communs à gérer dans le cadre de services publics démocratiques et décentralisés ?
 
Comment définir un aménagement durable des territoires sans démocratie locale et un autre type de développement sans responsabiliser socialement les entreprises ?
 
Comment financer des politiques alternatives qui ne fassent pas payer aux populations les justes mesures qui devraient être prises ?
 
Le capitalisme y répond par avance par l’accentuation du processus d’aliénation et de stigmatisation des peuples accusés de mal travailler, mal consommer, mal se loger… Quel affront à tous les privés du droit à l’emploi, à se nourrir décemment, à résider dans un habitat digne et économe !
 
Opposés au libéralisme destructeur de vie, comme à toute forme de productivisme, nous sommes également opposés à la décroissance absolue – vantée par les intégristes écolos – qui aurait pour conséquences d’accroître les inégalités.
 
A l’inverse, les communistes ont sur la question une démarche claire. Nous ne séparons pas la crise écologique de la crise du capitalisme. Nous croisons les enjeux de transformation sociale et économique avec ceux du développement environnemental.
 
Au plan local, il faut agir certes. Mais l’essentiel de la lutte à mener repose sur la capacité collective à gagner des pouvoirs et des savoirs pour les citoyens et les moyens financiers à conquérir au niveau national et international par la juste redistribution des richesses productives et intellectuelles.
 
Construire un développement soutenable et durable exige de rompre avec les logiques libérales.
 
La maison commune à tous les peuples n’est pas faite de carton, elle se façonne au ciment de la solidarité, de la justice sociale et économique.
 
Le groupe des élus communistes
 
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