Ensemble,
pour innover à Gauche !
Octobre 2007 – Bulletin des communistes de Viry-Chatillon
Sommaire
Etat UMP :
Bilan de la première
session parlementaire
Buffalo Grill :
Retour sur une lutte
Conseil municipal du 13 septembre :
Intervention du groupe communiste : quel sens donner au renouvellement urbain ?
Edito
Audace et Détermination !
émagogie et autoritarisme sont les mécanismes de la mise en œuvre de la politique de transformations ultra réactionnaires de Nicolas
Sarkozy.
Les trompettes guerrières du capitalisme financiarisé lâché au plus profond de l’organisation de la vie des peuples, réclament en écho le
glas d’une société qui revendique l’émancipation sociale, sociétale et économique des populations.
Il ne vise qu’à la financiarisation des activités et des productions humaines, qu’elles soient sociales, économiques, scientifiques ou
culturelles, en répondant aux injonctions du grand capital à accumuler toujours plus de profits. En somme, la négation de l’Humain.
Le passage aux actes pour l’Etat UMP est donc bien d’exercer toutes formes d’exploitation des capacités humaines jugées
financièrement rentables.
A l’épreuve des faits, les premières mesures prisent par le gouvernement sarkoziste témoignent de cette entreprise de déstructuration
massive des avancées sociales. Celles qui sont annoncées n’ont pas d’autres objectifs que de structurer la Société sur le modèle du « tout argent » au détriment des valeurs de progrès
pour l’Humanité.
C’est bien de lutte de classes dont il s’agit !
Dans notre société déjà fortement minée par la régression sociale et civique, par la répression des droits et des pouvoirs du Citoyen, il
y a urgence à s’informer et pousser l’analyse pour mieux agir sur les défis locaux, nationaux et mondiaux.
C’est ce à quoi prétend cette parution mensuelle des Communistes de Viry.
Il faut aller au delà de la contestation de forme, au-delà des dénonciations de l’omniprésence hyper médiatisée d’un président, de sa
famille et de ses amis. Sauf à admettre que la chose politique se résume à des phénomènes de castes.
Les valeurs de gauche ne peuvent flirter avec celles de droites ! Elles sont fondamentalement
antagonistes !
Les besoins et les aspirations des peuples de France, d’Europe, du Monde, sont tels, dans tous les domaines de la vie, qu’ils réclament à
la richesse accumulée par la haute finance d’autres choix politiques que l’accompagnement dit « social » du capitalisme, ainsi que le propose les
sociaux-démocrates.
Les forces qui contestent le pouvoir doivent faire preuve de plus d’audace et de détermination pour résister et riposter aux politiques
actuelles. C’est dans leur pugnacité à travailler dans les luttes, avec les populations, à un autre projet de société qu’elles seront utiles au peuple en souffrance.
Les Communistes de Viry sont engagés dans cette perceptive.
L'UMP l'a fait
:
11 200 postes supprimés à l’Education Nationale,
dont 9430 enseignants dans les collèges et lycées à la rentrée 2008.
Dans le même temps, la loi sur les Universités ouvre la porte de leur privatisation.
Cela signifie une offre de formation déréglementée, la sélection des élèves, des frais de scolarité librement fixés, la suppression d’un
véritable service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, nécessaire au développement d’une politique de long terme
Dans sa lettre de rentrée aux enseignants, N. Sarkozy déclare : "Nul ne doit entrer en 6e s’il
n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du collège. Nul ne doit entrer en seconde s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du lycée
et le baccalauréat doit prouver la capacité à suivre un enseignement supérieur"
Ou encore "pour les bons élèves issus des familles les plus modestes qui ne peuvent pas offrir à leurs enfants un cadre propice à
l’étude, des internats d’excellence seront créés"
Sélection des élèves plutôt que moyens donnés à l’Education ; apologie du mérite, quelques miettes aux "plus modestes" plutôt
que salaires décents pour tous, voilà l’école de Nicolas Sarkozy.
Franchise médicale de 50 €par an .
Ce sont maintenant le cancer et la maladie d’Alzheimer qui en sont le prétexte. L’hypocrisie se conjugue ici avec le cynisme.
Déremboursement des médicaments, forfait sur les consultations, forfait hospitalier à 16 €, forfait de 18 €sur certains actes médicaux, c’est bien la destruction de notre système de santé qui est programmée, pour le plus grand profit des assurances et des
établissements privées.
Exemple, le groupe "ORPEA", propriétaire à Viry-Chatillon de la clinique psychiatrique "l'Abbaye" et de la clinique "Le moulin de Viry". ORPEA développe aussi des unités spécialisées Alzheimer. Le
5 septembre, son PDG déclarait :
"Les résultats 2006 que nous avons présentés confortent notre modèle robuste de développement, grâce à des atouts décisifs pour assurer
une croissance rentable dans les prochaines années. Nous maintiendrons notre objectif de préservation des équilibres financiers au service d’un retour sur capitaux élevé pour la plus grande
satisfaction de nos actionnaires."
Un système à l’américaine, voilà ce que veut Sarkozy. Et aux Etats-Unis, en 2006, il y a 47 millions de personnes sans assurance maladie dont plus de 8 millions d'enfants, tandis que les profits des actionnaires
s’envolent.
Cadeau fiscal de 13 milliards d’euros aux plus riches
Bouclier fiscal à 50%, abattement d’impôt sur la fortune porté à 30% et réduction de ce même ISF pouvant aller jusqu’à 50 000 €. A cela
s’ajoute l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires, au nom du slogan "travailler plus pour gagner plus".
Mais c’est l’employeur qui décide unilatéralement des heures supplémentaires et le gain de pouvoir d’achat est illusoire et de courte durée :
quelques euros immédiats, vite repris par le blocage du salaire de base, par les augmentations de dépenses de santé et d’impôts (franchises appliquées aux remboursements de la sécurité sociale,
TVA "sociale") qui viendront compenser la perte des ressources de la protection sociale et de l’Etat qui découle de ces lois.
François Fillon déclare la France en faillite ! Depuis 5 ans, c'est pourtant sa majorité de droite qui n'a cessé de multiplier les
dérogations fiscales, de baisser l'impôt sur les sociétés, de privilégier la spéculation.
Les Communistes proposent :
Pour l’Education
Oui, notre école est en crise car elle souffre d’une démocratisation grippée qui entrave ses évolutions nécessaires.
L’enjeu essentiel pour l’école est bien celui de l’éradication de l’échec scolaire, humainement et socialement insupportable, persistant à tous les niveaux du système éducatif et celui de
l'égalité d'accès aux études.
Le budget de l’Education National doit être porté à 7% du PIB pour donner les moyens de lutter contre les inégalités à l’école et combattre
l’échec scolaire.150 000 enseignants, 45 000 personnels d’accompagnement doivent être formés et recrutés.
L’accès aux études supérieures doit être gratuit, avec une allocation d’autonomie qui permette à chaque jeune
- qu'il soit en formation ou insertion - de choisir son parcours.
Seules les universités publiques doivent être financées par l’Etat, avec un programme de rénovation et de construction de bâtiments
universitaires
Il s'agit du développement de chacune et de chacun comme garantie du développement de tous. Le développement des connaissances et
leur diffusion doivent échapper à la concurrence mondialisée.
Pour la sécu
L’espérance de vie augmente, les moyens de se soigner se développent...Oui disons-le, les dépenses de santé
augmenteront. Pourtant, le PCF avance qu’il est possible d’assurer le remboursement à 100%, autrement dit d’assurer la gratuité.
D’abord il y a les recettes. Elles dépendent du type de production, du type de développement et de la
répartition des richesses dans notre pays. Le rapport de la Cour des Comptes est sans appel : 30 milliards d’€ (3 fois le déficit de la Sécu) d’exonérations de cotisations, dont 3 milliards
pour les seules stock-options !
Ce ne sont pas les malades qu’il faut "responsabiliser", ce sont les actionnaires, les financiers et les employeurs. Ils
doivent contribuer à la solidarité nationale.
Augmentation des salaires, relance de l’emploi, taxation des profits et du capital financier, alors le trou de la Sécu
deviendrait un mauvais souvenir.
Et puis, il y a ce qui fait l’état de santé d’une population : la prévention, les conditions de vie, de travail,
l’environnement, l’alimentation, …
C’est en fait un débat crucial : dans quel monde voulons-nous vivre ? Dans celui de la compétition généralisée, où chacun se débrouille comme il peut pour survivre, ou dans celui de la solidarité, du partage et de la mise en
commun.
La Sécu créée à la Libération dans un pays ruiné a fait la force de la France. Le PIB aujourd’hui permet de lui
donner sa pleine mesure.
Pour les moyens financiers
Il fauti mieux redistribuer les richesses produites.
Il faut chercher à mobiliser autrement tous les fonds en
France et jusqu’à l’échelle de l’Europe.
Une grande réforme de la fiscalité
soumission des revenus financiers du capital à l'impôt progressif, taxation sur les transactions financières, suppression des régimes
dérogatoires, réforme de la taxe professionnelle,…
Une redéfinition des cotisations sociales des entreprises
fin des exonérations de cotisations sociales, conversion de l'argent public qui leur est consacré en un Fonds national de soutien des
investissements sécurisant l’emploi et la formation,…
Une réforme du système bancaire et financier
changer les relations des PME, des artisans, avec les banques, à partir d’un crédit nouveau, via un pôle financier public; créer un Fonds national de sécurisation de l’emploi et de la formation, prenant en charge la
bonification des prêts bancaires, dans la mesure où ils développent l’emploi
Viry-Chatillon : retour sur l’occupation du restaurant Buffalo
Grill


Septembre 2006, un salarié «sans papiers" de Buffalo Grill présente une liste CGT aux élections professionnelles. Il tient bon, malgré les menaces
de son manager. Mars 2007, l'employeur lui adresse une lettre de licencient pour "motif personnel". L'inspection du travail rejette la demande. L'employeur déclenche alors un contrôle de police
dans son propre restaurant.
Le salarié, les salariés sans papiers ont alors dit stop, stop aux heures supplémentaires non payées, stop aux changements de
service, stop au doublement du poste de travail, stop aux menaces.
Ils ont occupé le restaurant de Viry-Chatillon, contraignant la Préfecture et Buffalo Grill a entamer un processus de négociation, ayant fait
la preuve que l'employeur les avaient embauchés en toute connaissance de cause, disposant ainsi d'une main d'œuvre corvéable à merci. L'employeur, Buffalo ? Oui et
non.
La chaîne de restaurants appartient au fond de pension américain (FDP) Colony Capital.
Les FDP ont pour vocation de collecter et de placer d'immenses quantités d'argent, pour financer, à priori, les retraites "privées".
Ils accumulent des bénéfices colossaux en Bourse et pour ce faire, ils accroissent la pression sur le travail dans les
entreprises dont ils sont actionnaires. Ils imposent aux sociétés qu’ils contrôlent des taux de marges élevés.
Il faut compresser les dépenses, donc réduire la masse salariale, en employant des travailleurs sans-papiers, en exploitant sans vergogne
l'ensemble des salariés, en licenciant.
En étant facteurs de chômage, les FDP réduisent l'assiette fiscale et sociale, tant salariale que patronale, d' où des difficultés accrues
des régimes de répartition.
Ces systèmes privés bénéficient de plus d’exonérations de charges fiscales et de cotisations, qui représentent à elles seules la moitié du
déficit de la sécurité sociale. Ils favorisent l’insécurité sociale : on sait ce que l’on verse, mais pas ce que l’on va toucher. Rappelons-nous, en 2002, les milliers de salariés
américains qui ont tout perdu après la faillite frauduleuse du FDP « Enron ».
Colony Capital pèse 21 billions de dollars, possède en France de l'immobilier, des vignobles, des casinos, est actionnaire
du groupe ACCOR, de CARREFOUR, du PSG. Il dégage un taux annuel moyen de retour sur investissement supérieur à 21
%.
Les salariés « sans droits » de Buffalo, aidés de leur syndicat,
avec le soutien de nombre d'associations, de citoyens, d'organisations dont le Parti Communiste, ont tenu tête à ces milliards de dollars, au gouvernement Sarkozy. Ils ont obtenu 22
régularisations.
Le combat n'est pas terminé, mais c'est bien la preuve qu'ensemble, nous pouvons nous battre et gagner.
Intervention de Jean-Pierre MORVAN,
Adjoint au Maire
Groupe des élus communistes
Conseil municipal du 13 septembre 2007
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Le protocole de relogement des projets de rénovations urbaines, que le groupe communiste va voter, appelle
toutefois de notre part quelques remarques de fond en considération de deux aspects majeurs pour nous et mis en exergue dans le dit protocole.
Le premier souligne de facto, lorsqu’il est évoqué dans la résolution en ces termes que je cite : "les besoins de décohabitation",
une problématique de plus en plus prégnante, que constitue la suroccupation d’un logement liée à des phénomènes croissants d’hébergement, au-delà de l’accès au logement des jeunes
adultes.
Ces pratiques d’hébergement doivent nous interpeller tant sur le besoin à réaliser des logements sociaux au-delà du territoire concerné par le
protocole, ne serait-ce que par le respect de la loi SRU ; tout comme sur les conditions de ressources dictées par les bailleurs pour ouvrir droit à l’attribution de logement.
Du coup, quel crédit accorder à Christine Boutin, Ministre du logement, lorsqu’elle affirme vouloir mettre en œuvre la loi sur le droit
opposable au logement.
Ces propos trahissent l’hypocrisie du système sarkozyste quand ,dans le même temps, est encouragée la spéculation foncière et
immobilière, reléguant le droit opposable effectif aux limites de la gestion de pénurie de logements sociaux.
Le deuxième aspect renvoie aux engagements des partenaires. Et, je cite à nouveau dans le protocole : "les partenaires veilleront à
privilégier des propositions de relogement n’aggravant pas la situation sociale du territoire".
L’intention est assurément légitime et nous veillerons comme il se doit à ce qu’elle soit respectée. Mais au demeurant, la situation
sociale du territoire est indéfectiblement liée à la situation sociale des résidents qui elle, ne cesse de s’aggraver.
Il s’agit donc d’un facteur réel et sérieux qui mérite une attention soutenue, sauf à reconduire, donc à accompagner, la dégradation de
vie sociale des habitants, dans un cadre urbain rénové certes mais qui ne résout pas les difficultés grandissantes des populations. Ou, sauf encore,
à procéder par éviction de catégories de population en situation financière et sociale extrêmement précaires, ce qui serait contraire à la convention habitat/peuplement dans laquelle notre
collectivité est engagée.
En fait, il s’agit donc bien de définir un projet humain au-delà d’un projet urbain.
Cependant, un principe de réalité s’impose à nous.
Il serait illusoire et irresponsable de considérer que le projet engagé dans le cadre de l’ANRU serait de nature à endiguer le processus de
paupérisation des populations résidentes.
Le point nodal auquel nous sommes confrontés dans le domaine du logement social se considère, pour moi, par la conjonction de
l’assèchement par l’Etat des financements permettant la construction de logements sociaux, la chèreté du coût des loyers et des charges afférentes et la baisse constante du pouvoir d’achat des
occupants ou des personnes en situation de demande.
Pour ce qui est de l’engagement de l’Etat, l’effort pour le logement social doit être porté à 2% du PIB.
Par ailleurs, et singulièrement pour les projets ANRU, ne serait-il pas juste de faire contribuer la part de financement des entreprises pour
ce qu’elle doit être, c’est-à-dire plus élevée que ce qu’elle est par le biais du 1% patronal qui au demeurant ne représente plus que 0,4%.
L’épargne populaire, par l’intermédiaire du livret A et la CDC, doivent aussi être mise à contribution dès lors que leur seront restituées
leurs vocations premières à être pourvoyeurs de fonds pour le logement social et non pas des facteurs d’encouragement à la spéculation financière.
Le droit au logement est un droit constitutionnel, largement enfreint par le manque de logements, mais aussi par le coup des loyers et des
charges qui représente pour les ménages une part exorbitante de leurs ressources.
Or, la part logement dans les revenus ménages est une dépense incompressible.
Une réelle volonté nationale de l’habitat pour tous se devrait d’encadrer la dépense habitat (loyer et charges induites) à 20% des
revenus.
Quant aux ressources des résidents ou postulants aux logements sociaux, c’est un lieu commun que de dire que la casse de l’emploi, la précarité
généralisée, les bas salaires pour la grande majorité des catégories sociales, minent les capacités à pouvoir se loger dignement.
Prendre à bras le corps le chantier d’une sécurisation de l’emploi et de la formation pour tous et garantissant de bons revenus est
indéniablement la clé d’entrée pour assurer le droit au logement.
Tels sont les points que je voulais souligner, au nom du groupe des élus communistes afin qu’il soit notifié que le projet de
rénovation urbaine s’il a pour vertu d’améliorer le cadre de vie, ne doit pas masquer que c’est à la pauvreté qui gangrène la vie des gens de ces quartiers qu’il faut aussi et surtout
s’attaquer.
En la matière, l’Etat n’est pas quitte.